Gengis-Kahn en costume
La Voix Est Libre est sur le Larzac. Sous les platanes de Saint-Eulalie-de-Cernon, sur le plateau de l’émission : José Bové. Le Gengis-Kahn des Mac Do est - désormais - député européen. Ce costume lui convient. Il ne veut pas en changer. Il ne sera pas candidat aux législatives.
Une fois les caméras coupées, direction une terrasse de café. A quelques mètres du plateau, des verres attendent les invités. Entre deux gorgées, José Bové répond à une question d’Alain Chollon – le patron des antennes de France 3 Midi-Pyrénées.
L’ancien syndicaliste se plait à Bruxelles. Il ne veut pas siéger au Palais-Bourbon.
Ce manque d’appétit est décalé.
Dans l’Hexagone, on dévore les fromages. Cumul dans le temps et tartines de mandats sont les deux mamelles de Marianne.
José Bové est insensible à cette « mal bouffe ». Il veut rester à la table européenne. Le menu lui semble suffisamment copieux.
De toute manière, élu à l’Assemblée, il devrait quitter le Parlement Européen.
Ce choix ne déchire pas toutes les âmes.
La République Française est « parisianiste ». Entre Paris et Bruxelles, la préférence est évidente.
José Bové marque sa différence. Il choisit les horizons européens.
Mais une raison – moins avouable – le retient à Bruxelles.
Les électeurs de José Bové s’étirent de Bordeaux à Montpellier. Cette géographie politique est favorable. Des espaces urbains – sensibles aux combats écolos et antilibéraux – et une prime aux figures nationales.
En 2012, la circonscription se rétrécit à un morceau d’Aveyron. Le conservatisme des campagnes et les querelles de clocher dominent le paysage.
En tournant le dos aux législatives, José Bové renvoie à une maxime mitterrandienne : « pour savoir ce qu’un homme politique a dans sa tête, il faut regarder ses pieds ».