Toutes les semaines Laurent Dubois propose son analyse politique
La simplicité du diable
Dominique ou Martine, François ou Ségolène ? Un ticket Aubry-DSK ou une élection sauvage, chacun pour soi et malheur aux vaincus ? C’est assez simple. Le « diable » - de la division et de l’échec – est assis à la table des primaires. La complexité a une sœur : la simplicité. La crise économique est impénétrable. Elle est née de montages financiers qui échappent à leurs créateurs. Et, pourtant, sa cause est évidente : la cupidité.
Les primaires reproduisent ce schéma.
La création d’une « vague » - permettant de surfer jusqu’à l’Elysée – est aléatoire. Elle dépend d’une météo complexe : état de la droite, conjoncture internationale, dynamique à gauche…
Mais, en fait, l’essentiel est ailleurs.
La faillite du PS peut ressortir d’une simple calamité : le déchainement des passions
Ségolène et ses concurrents doivent combattre un démon intérieur. Ils doivent exorciser le spectre « Goldman Sachs » : goût – frénétique - pour les lauriers, spéculation - délirante - sur les fortunes personnelles.
Nicolas Sarkozy espère qu’en se faisant du Mal – affichage des haines, image brouillée – les socialistes feront son Bien.
Ils en sont capables.
Le maire de Cordes, Paul Quilès dénonce ce risque.
L’ancien directeur de campagne de François Mitterrand plaide pour une chronologie : le programme d’abord, le candidat ensuite.
Cette approche est rationnelle, trop rationnelle.
Les idées n’ont pas de jambes. Elles ont besoin d’une personnalité pour les incarner.
La question Humaine est première. Surtout dans un PS sans leader naturel et dans une démocratie médiatique.
Les primaires sont une « diablerie » nécessaire.
3/12/2010