Alain Cohen, celui par qui le scandale arrive.

Alain Cohen, celui par qui le scandale arrive.

La piste intentionnelle a-t-elle été négligée ? La question était au coeur des débats, lundi.

C'est une image un peu surréaliste que celle de ces trois policiers, côte à côte à la barre, devant la cour d'appel de Toulouse.

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Marcel Dumas, ancien commissaire-divisionnaire, Frédéric Malon, commisssaire et Alain Cohen, commandant, étaient tous trois en poste à Toulouse, le 21 septembre 2001.

Lundi, ils sont venus dire tout à tour comment l'enquête avait été menée, sur la piste intentionnelle : le contexte international, dix jours après les attentats du World Trade Center, le cas d'Hassan Jandoubi, cet intérimaire décédé dans l'explosion, la dispute entre chauffeurs et chargeurs la veille de l'explosion... Sur les faits, ils sont tous d'accord.

Mais Alain Cohen accuse les deux autres policiers, ses supérieurs à l'époque, d'avoir "enterré" la piste intentionnelle. C'est lui qui reçoit l'appel du médedin-légiste surprise de trouver plusieurs sous-vêtements sur le corps d'Hassan Jandoubi, c'est lui accuse Marcel Dumas d'avoir dit : "A Paris, ils veulent un accident, ils auront un accident !". C'est lui encore qui impute à Frédéric Malon la phrase suivante : "J'en ai assez de cette affaire Jandoubi ! Elle pollue l'enquête !"

 

"Quelqu'un ment"

 

Ces propos, les deux intéressés les ont évidemment nié à la barre. Ils ont aussi expliqué que début octobre 2001, Alain Cohen a été dessaisi de l'enquête, pour des erreurs qu'il aurait commises. En a-t-il conçu de la rancoeur ? C'est en tout cas ce qu'ont sous-entendu les deux hommes.

Lors de la confrontation entre les trois policiers, Marcel Dumas, soutenu par certains avocats de parties civiles, a carrément accusé Alain Cohen de mensonge.

Ce dernier avait pourtant expliqué avoir rédigé à l'époque un rapport sur son "sentiment" de négligence de la piste Jandoubi. Un rapport bloqué par sa hiérarchie, a-t-il déclaré.

Dans ce cas, il fallait aller voir les magistrats, a rétorqué la cour.

Dialogue de sourds, paroles contre paroles : la défense a tenté de conclure que la police reconnaissait bien avoir négligé la piste intentionnelle... Et l'audience s'est achevée dans le tumulte des protestations.

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