F3 Midi-Pyrénées
La cour d'appel de Toulouse a achevé hier soir, 22 décembre, l'examen de la piste criminelle.

Comme à chaque fois qu’il referme un chapitre, le président a donné la parole aux prévenus.  Pour Serge Biechlin, l’hypothèse d’un acte volontaire reste la plus crédible.

Depuis 10 ans, il ne pense qu’à ça. Interrogé en fin d’audience hier, pour clore le chapitre consacré à la piste intentionnelle, Serge Biechlin, ancien directeur de l’usine AZF a  « la conviction que cela ne peut être que ça. » Cette piste n’a, selon lui, pas été refermée.

Il est vrai que la défense s’est appliquée toute cette semaine à démontrer les insuffisances de l’enquête sur la thèse d’une action terroriste ou d’un acte volontaire.
L’audition de l’ancien juge anti terroriste Jean-Louis Bruguière, et dans une moindre mesure, celle de l’ancien responsable de la Direction nationale anti-terroriste, Roger Marion ont pointé des insuffisances. Même l’avocat général a  reconnu des faiblesses dans cette partie de l’enquête, même s’il considère que ces critiques sont sévères. Mais hier, la parole était aux experts. Avec une opposition frontale. Tout et son contraire.


Tout pour les experts judiciaires : la forme du cratère, les dégâts, le temps nécessaire pour mettre en place un dispositif explosif… Tout, selon Daniel Van Schendel et Claude Calisti, conduit à exclure la piste intentionnelle.

Au contraire, Michel Lefebvre, détonicien belge cité par la défense, assure que dix minutes suffiraient à une personne déterminée pour constituer un cocktail explosif dans le hangar 221. Et comme il conteste depuis le début, les conclusions des experts judiciaires sur la forme du cratère, le sens de détonation, et l’épicentre de l’explosion, il assure que la piste intentionnelle reste tout à fait crédible. 

Le contraire donc, et plus encore. En réponse à une question du président de la cour, Michel Lefebvre estime qu’en écartant la thèse criminelle, « on se prive de 99,9 % des pistes de réflexion. »

Serge Biechlin lui, refuse de donner des pourcentages. « Il est vrai qu’il y a des précédents fâcheux », rappelle le président Bernard Brunet, en référence aux « 90 % de chances qu’il s’agisse d’un accident », lâchés devant la presse par le procureur Bréard dés le 24 décembre 2001.

Mais l’ancien directeur de l’usine AZF, ne croit pas, ne croit plus  à une action terroriste islamiste. Il pencherait plutôt pour un acte de malveillance, une vengeance… Alors que les larmes lui montent aux yeux, il explique que ce pourrait être un individu à la peau blanche et aux yeux bleus. « Je ne fais pas la différence » dit-il avec des sanglots dans la voix,  « Il n’y a qu’à voir la stèle » où figurent les noms des victimes décédées sur le site AZF, poursuit le prévenu, « il y a tous les noms », quelques soient leurs origines.

Le chapitre criminel refermé, la cour se penchera dès le 3 janvier 2012 sur le scénario retenu par les experts judicaires, celui de l’accident chimique.  Sans doute pas l’hypothèse la plus probable à en croire les anciens salariés d’AZF, ainsi que la défense de Serge Biechelin et de la société Grande Paroisse. Mais pour l’accusation, la plus vraisemblable, à n’en pas douter.

cliquez ici