Michel Lefèbvre, expert détonicien (à droite sur l'image).

Michel Lefèbvre, expert détonicien (à droite sur l'image).

Michel Lefèbvre, détonicien belge, continue de contester - point par point - les conclusions de l'accusation.

Son exposé aura duré trois heures mais Michel Lefèbvre en a donné le ton, dès le préambule : "Les constatations post-explosion ne permettent pas de confirmer la thèse officielle".

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Les effets autour du cratère, pour commencer. Le détonicien belge, expert mandaté par Total, considère qu'ils sont aussi importants à l'est qu'à l'ouest, contrairement aux experts judiciaires qui soutiennent qu'il y a peu de dégâts à l'est, ce qui confirme l'initiation de l'explosion à l'est du hangar 221, soit dans le box.

Du cratère, Michel Lefèbvre dit finalement qu'il ne nous apprend rien sur l'origine de l'explosion. Pourtant, il affirme que le fond du cratère correspond à l'emplacement du tas principal de nitrates déclassés dans le hangar 221, lequel n'était pas contigu au muret de séparation d'avec le box. "Le fond du cratère est l'empreinte de la charge ayant détoné. L'explosif donneur imprime sa forme au fond du cratère. Ce dernier est donc déterminé par la forme de la charge explosive".

"Il n'y a personne qui conteste le fait que c'est le 221 qui a explosé. Mais dire où a eu lieu l'amorçage, je pense qu'il faut être modeste et dire que non, on ne peut le conclure des observations", répète Michel Lefèbvre.

 

TOUT ET SON CONTRAIRE

 

Du côté des parties civiles, on ne s'est pas privé de discréditer le témoin, lui demandant son expérience en matière d'explosions et le mettant, surtout, face à ses contradictions. Car en 2006, maître Stella Bisseuil l'a rappelé, Michel Lefèbvre avait affirmé dans son rapport que le cratère "est la signature de l'origine et du sens de la détonation". Comment pouvez-vous affirmer le contraire aujourd'hui ?, s'interroge l'avocate de parties civiles.

Mis à mal, Michel Lefèbvre s'est défendu pied à pied. Il devra renouveller l'expérience prochainement car ses confrontations avec les experts judiciaires sont loin d'être terminées. Il reste encore à débattre du "scénario" chimique : le mélange accidentel de deux produits incompatibles (DCCNA et nitrates d'ammonium). Et là encore, Michel Lefèbvre n'est pas d'accord...

 

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