Jean-Claude Motte et Joseph Domenech ont photographié le sac de DCCNa dans le hangar 335.

Jean-Claude Motte et Joseph Domenech ont photographié le sac de DCCNa dans le hangar 335.

S'agissant du sac de DCCNa, certains membres de la CEI croient au coup monté.

Comment un sac de DCCNa (produit chloré fabriqué dans le sud de l'usine AZF) s'est-il retrouvé dans le hangar 335, situé au nord du site ? La question revient dans les débats depuis lundi, puisque la cour d'appel de Toulouse examine le rôle de la commission d'enquête interne...

Pour l'accusation, la réponse est simple : elle réside dans l'extension de la collecte des emballages plastiques de l'usine, extension prévue en 2002, visiblement déjà mise en place de manière expérimentale avant cette date.

Mais pour la commission d'enquête interne de Total, créée au lendemain de la catastrophe, "rien n'explique la présence de ce sac dans le 335".

C'est pourtant l'un de ses membres, Joseph Domenech, qui l'y a trouvé le 2 (ou le 3, il y a confusion) octobre 2001, soit deux semaines après l'interrogatoire de Gilles Faure qui explique à la commission avoir déposé une benne dans le 221, benne composée de fonds de différents sacs de produits.

Très troublé par sa découverte, Joseph Domenech revient le lendemain, en compagnie de Jean-Claude Motte, autre membre de la commission, pour photographier le GRVS de DCCNa. Un sac posé "de manière ostentatoire", dit-il à la barre, mercredi après-midi.

Pourquoi, dès lors, ne rien en dire à la police ?, s'interrogent les parties civiles et la cour.

Parce que Joseph Domenech est convaincu d'un "coup monté". "Mon épouse est Irlandaise, on se souvient des Irlandais de Vincennes !"

Et de reconnaître qu'il n'avait pas envie "d'être embringué là-dedans !" Pour lui, "la probabilité d'un traquenard est forte".

Mais qui aurait eu intérêt à déposer un sac de DCCNa dans le 335 ? Joseph Domenech imagine des personnes soucieuses de détourner l'attention des enquêteurs de la piste intentionnelle. En clair, des personnes de l'usine ou des personnnes extérieures au site mais bénéficiant de la complicité d'ouvriers.

Pour lui, de toutes façons, la piste chimique est "morte". La commission d'enquête interne ne s'est pas occupée de la piste intentionnelle, croyant que la police ou les enquêteurs administratifs s'en souciaient. "Mais non, les autres, ils faisaient aussi de la chimie !", ironise Joseph Domenech. 

C'est d'ailleurs l'impuissance de la CEI à trouver une explication qui a conduit à la fermeture de l'usine AZF de Toulouse, regrette-t-il.

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