On parle beaucoup GRVS et Big Bag, ces derniers jours, au procès AZF.
F3 Midi-PyrénéesCela fait une semaine maintenant que la cour d'appel de Toulouse examine le fonctionnement des hangars 335 et 221.
Et pour cela, elle entend une dizaine de salariés de l'usine mais aussi ceux des entreprises sous-traitantes chargées de la gestion des déchets industriels à AZF.
Il y a ceux qui se souviennent de tout.
Ceux qui ne se souviennent de rien.
Et ceux qui ont une mémoire "sélective", dixit les avocats de parties civiles.
Les mots varient ("Je ne me souviens pas", "Je n'ai pas souvenance", "J'ai oublié"), mais le résultat est le même : l'explosion d'AZF remonte à dix ans. Un argument que personne ne peut objecter.
Dans le 335, certains se souviennent que cela sentait le chlore mais d'autres assurent que non. Y avait-il des GRVS de DCCNa (produit chloré) ? Là encore, les témoignages se contredisent. Les descriptions des sacs sont sujettes à caution.
Ces grands plastiques qu'on triait, lavait avant évacuation vers une filière de recyclage, sont au coeur des débats. Car c'est bien un GRVS de DCCNa que l'on a retrouvé dans le hangar 335, après l'explosion. Un endroit où il n'aurait jamais dû se trouver, le 335 servant à stocker des sacs d'ammonitrates, produits incompatibles avec le chlore.
Ce fameux inventaire, on en a beaucoup parlé mercredi 1er février. A la demande de Jean-Claude Panel, Alain Chantal a confirmé avoir procédé à l'inventaire des sacs dans le 335, le 24 septembre 2001. Recopiée par son supérieur, cette liste lui a été présentée par la police lors d'un de ses interrogatoires. D'après le procès-verbal, Alain Chantal aurait dit : "Il manque dix sacs de dérivés chlorés". Ce qu'il conteste fermement aujourd'hui. Pour lui, la police a interprété ses propos.
Et la cour n'a pu en savoir davantage sur cette question, le principal intéressé, Jean-Claude Panel, ancien responsable de la logistique dans l'usine, ayant fait un malaise, hier, au cours de son audition.
Un témoin-clé, selon les parties civiles.
Quant au positionnement du tas principal dans le hangar 221, là aussi, les témoignages divergent. Difficile donc de savoir si ce tas touchait le muret de séparation entre le box et le hangar principal. C'est pourtant une question essentielle dans la thèse judiciaire.



