Comme dans toute usine, la question des déchets industriels était problématique.
Une extension de la collecte des sacs plastique à l'ensemble du site est-il à l'origine du croisement des deux produits incompatibles, le DCCNa et le nitrate d'ammonium ?
C'est la conviction de l'accusation et de nombreuses parties civiles.
La gestion des déchets dans l'usine AZF était confiée à des usines sous-traitantes, la Surca, TMG et la MIP. Sous le contrôle du service environnement, dirigé par Thierry Le Doussal, décédé dans la catastrophe.
Dans le cadre d'une nouvelle démarche qualité, et dans le souci de réduire la masse des déchets non recyclés, une extension de la collecte des déchets confiée à Gilles Faure, employé de la Surca, avait été envisagée par ledit service, mais non encore contractualisée au moment de l'explosion du hangar 221, selon ses dirigeants, aujourd'hui sur le banc des accusés.
Cette extension de la collecte, étendue au secteur des produits chlorés, aurait permis que deux produits incompatibles, le DCCNa et le nitrate, se retrouvent en contact sous la forme de "fonds de sacs", dans la benne amenée dans le sas du hangar 221, le matin du 21 septembre 2001.
Ce que conteste la défense, bien sûr, qui répète que la présence de DCCNa n'est pas prouvée. Que quelques "miettes" de DCCNa n'aurait pas pu produire la catastrophe que l'on sait. Et qu'on ne peut prouver le contenu de la benne fatidique.
De même, le nitrate souillé n'avait pas sa place dans le 221. C'est ce qu'est venu dire à la barre Michel Manent, ex-salarié de la MIP, qui a expliqué, entre deux altercations avec les avocats de parties civiles mais aussi l'avocat général et le président de la cour, que ces nitrates souillés partaient dans des fûts hermétiquement fermés et stockés dans le hangar 220.
Mais est-ce que cette période d'essais de l'extension de la collecte des déchets ne mettait pas en cause la sécurité ?, a demandé le président Brunet à Serge Biechlin, invité à s'exprimer sur le thème. Cela ne semble pas poser de problème à l'ancien directeur d'AZF. "Est-ce qu'elle a été menée de manière parfaite ? Non. Par contre, elle n'a aucune conséquence dans la perspective des experts judiciaires".



