Roger Marion, l'ancien chef de la section anti-terroriste, à son arrivée salle Jean-Mermoz

Roger Marion, l'ancien chef de la section anti-terroriste, à son arrivée salle Jean-Mermoz

Roger Marion et Jean-Louis Bruguière ont témoigné mardi devant la cour d'appel de Toulouse.

A eux deux, ils représentent toute la lutte anti-terroriste française, des années 80 et 90.

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Jean-Louis Bruguière, 68 ans, a longtemps (27 ans précisément) été Le juge anti-terroriste. Tandis que Roger Marion, 65 ans, a officié en tant que chef  de la DNAT ( direction nationale anti-terroriste).
Ils se connaissent parfaitement mais n'ont pas - et c'est le moins qu'on puisse dire - la même analyse de l'affaire AZF.
Roger Marion a déposé pendant près de quatre heures et n'a pas varié d'un iota dans ses déclarations. Bien qu'il n'ait pas été directement en charge de l'affaire, il SAIT que rien, dans le dossier, n'a permis aux enquêteurs de suivre plus avant la piste intentionnelle. La note blanche des Renseignements Généraux qui, le 3 octobre 2001, "charge" Hassan Jandoubi ? Aucun travail antérieur, ni postérieur aux faits, selon lui. "Hasardeux", assène-t-il.
Les revendications, au nombre de trois ? "Fantaisistes".
Quant à l'hypothèse d'une menace terroriste à Toulouse, Roger Marion la juge irréaliste : pourquoi Toulouse ? Et si Toulouse, pourquoi AZF et pas la SNPE, voisine et beaucoup plus dangereuse ?

Les convictions du juge Bruguière

C'est, en substance, tout le contraire de ce que pense - aujourd'hui - l'ex-juge Jean-Louis Bruguière.
Mandaté en 2009 par Total, après la fin du procès en première instance, pour examiner l'hypothèse d'un acte terroriste, il a "assassiné" l'enquête dans son rapport, puis mardi à la barre.
Pour lui, la piste intentionnelle a été négligée, à tous points de vue. Mais en particulier sur Hassan Jandoubi, "l'homme aux cinq caleçons", comme l'appelle l'avocat de la défense, maître Simon Foreman.
Les policiers auraient dû examiner plus profondément les "fadettes", ces fameuses factures téléphoniques détaillées qui ont tant défrayé la chronique récemment. Car Hassan Jandoubi utilisait un téléphone volé et voyageait en Allemagne pour convoyer des véhicules (volés ?, semble s'interroger le témoin).
De même, les liens supposés qu'Hassan Jandoubi entretenait avec des supposés fondamentalistes installés à Toulouse n'ont fait l'objet d'aucune investigations poussées. Alors que, selon les termes du juge Bruguière, Toulouse était un "terreau islamiste", après avoir été un "terreau anarchiste".
Des accusations "sévères", ont jugé les avocats des parties civiles qui ne se sont pas privés de rappeler que le mandataire de ce rapport n'était autre que Total. Et que la famille d'Hassan Jandoubi niait totalement de telles appartenances.
L'avocat général, quant à lui, a carrément posé la question de la déontologie : l'ancien juge l'aurait-il oubliée, à l'heure de la retraite ?
Et comme hier, l'audience s'est achevée sur une impression de "paroles contre paroles", décidément irréconciliables...

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