Les deux produits incriminés (nitrates et produits chlorés) étaient fabriqués dans deux secteurs différents de l'usine.

Les deux produits incriminés (nitrates et produits chlorés) étaient fabriqués dans deux secteurs différents de l'usine.

La cour d'appel de Toulouse examine l'oganisation de l'usine AZF, avant son explosion.

Depuis le 16 janvier 2012, la justice a tourné la page - conséquente - de la chimie pour ouvrir celle du fonctionnement de l'usine.

Après deux semaines consacrées exclusivement aux débats d'experts sur la piste chimique, le procès en appel de la catastrophe d'AZF s'intéresse à nouveau aux hommes - les ouvriers, les cadres... - et aux lieux.

Mais là encore, deux positions s'affrontent. Il y a d'un côté ceux qui soutiennent qu'AZF était une usine modèle. C'est le cas de René Maillot, directeur adjoint de l'usine au moment des faits, qui explique les efforts faits pendant vingt ans par AZF en matière de sécurité. Le site de Toulouse, rappelle-t-il à la barre, se classait 3ème sur les 42 d'Atofina pour les paramètres sécurité. AZF a été la première entreprise à présenter son SGS (système de gestion de la sécurité) à la DRIRE (direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement), le 17 mai 2001.

Mais c'est justement l'administration, en l'occurrence l'INERIS, l'institut national de l'environnement industriel et des risques, qui vient contredire tout cela devant la cour. Pour ses représentants, le mélange accidentel entre produits chlorés et ammonitrates est plausible. Un accident industriel est souvent la conséquence d'une gestion des risques défaillantes, a reconnu Didier Gaston, ex-responsable de l'Ineris au moment des faits. Ajoutant même que "l'on sait bien qu'un système dérive tout le temps. Si on ne le contrôle pas, on va vers l'accident".

François Barthélémy, lui aussi membre de l'inspection générale de l'envionnement, n'a pas dit autre chose. Pour lui, le fait que l'usine AZF ait sous-traité la gestion des déchats industriels a été un facteur dans l'accident.

Pour défendre l'usine, Jacques Saint-Paul, prédécesseur de Serge Biechlin à la tête du site, a lui aussi rappellé à la barre les efforts réalisés en matière de sécurité. Des efforts récompensés par la DRIRE qui avait accordé à AZF le droit d'inspecter elle-même ses propres équipements à pression. "C'était manifestement une marque de confiance !", s'est exclamé Jacques Saint-Paul.

Avant de nier que l'état dégradé de la dalle du hangar 221 lui ait déjà été signalé à son époque. Pour lui, les travaux de réfection n'étaient pas une urgence et relevaient seulement d'un "problème d'entretien".

 

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