Le cratère formé par l'explosion est long de 40 mètres et d'une profondeur de 7 mètres.
F3 Midi-PyrénéesL'occasion d'une véritable confrontation entre experts judiciaires et experts cités par la défense. On a vu défiler à la barre acousticien (encore et toujours) mais surtout géographe, géomètre et deux des détoniciens "vedettes" de ce procès, Daniel van Schendel et Michel Lefèbvre.
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S'il devait y avoir une "morale" à ce procès AZF, première et deuxième instance, c'est qu'il y a la vérité des experts et la vérité judiciaire, la seconde ayant fort à faire avec les positions des premiers.
Cette sixième semaine de procès, qui a débuté lundi 5 décembre, nous fait rentrer dans le vif des débats, au coeur de la bataille des "sachants".
Au milieu de ce rude combat, où les compétences des uns sont systématiquement mises à mal par les révélations des autres, il y a ce cratère. Ce "trou" gigantesque, à l'emplacement du hangar 221, que les experts ont photographié, filmé, examiné, arpenté, fouillé, sondé... Dès le 22 septembre 2001 pour certains spécialistes mandatés par la justice, des années plus tard parfois pour les experts de la défense.
Ce délai est-il à l'origine des divergences ? Rien n'est moins sûr, tant il est vrai que, de part et d'autre de la barre, on s'accuse mutuellement de faire rentrer constatations et données dans le "lit de Procuste" (pour reprendre l'expression de maître Daniel Soulez-Larivière), cette torture grecque qui consistait à faire rentrer dans un espace donné le corps des victimes, tout ce qui dépassait étant soigneusement coupé (!).
Et d'un expert à l'autre, tout change : les dimensions du cratère, son volume, celui des éjectats (les débris projetés par le souffle de l'explosion), les dommages constatés sur les éléments alentours comme les autres bâtiments, les véhicules présents, les murs d'enceinte de l'usine.
Mais c'est finalement très rapidement que l'on comprend où se situe le nerf de la guerre ( car il s'agit bien de cela) : la forme du cratère, cruciforme à trois branches selon les experts judiciaires, cruciforme à quatre branches selon Michel Lefèbvre. Que nous importe ces trois ou quatre branches ? Tout. Car elles disent, et sur cela tout le monde s'accorde, l'emplacement de l'initiation de l'explosion soit la position de la charge explosive (en l'occurrence, le tas de nitrates d'ammonium, selon la thèse officielle). Et entre le tas principal du hangar 221 et le tas du box, entre le centre du hangar et son extrémité est, il y a quelques mètres... qui peuvent tout changer.
L'hypothèse des experts judiciaires, et donc de l'accusation, place la charge à l'est du cratère, dans le box, quand Michel Lefèbvre, détonicien missionné par la défense, la situe au centre du bâtiment. Entre les deux affirmations, il y a les éjectats, plus importants à l'ouest qu'à l'est, selon Daniel Van Schenden qui, longuement contesté voire vilipendé par Michel Lefèbvre, a défendu bec et ongles ses conclusions, arguant de "trente ans d'expérience". Qui font la différence ?
La cour, selon l'expression consacrée, appréciera...



