AZote Fertilisant utilisait des nitrates et ammonitrates dans la fabrication des engrais mais aussi celle des produits chlorés destinés à la production de détergents pour piscines. AAppalée à l'origine ONIA, l'usine avait été créé par l'Etat en 1924 et avait fini sous le giron de Total.
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L'usine AZF employait 459 personnes au moment de la catastrophe.
1924 : pour assurer son indépendance en matière de fourniture d'engrais, l'Etat crée l'ONIA, l'office nationale des industries de l'azote, qui fabrique et commercialise de l'engrais. Le Sud-Ouest, région agricole sinistrée, va accueillir cette nouvelle structure. L'usine sera construite sur des friches. La ville de Toulouse s'arrête alors à la pointe sud de l'avenue de Muret. Quatre ans plus tard, la première tour de granulation de l'ammonitrate est construite dans l'usine qui compte aussi un atelier de nitrate de chaux et un atelier d'acide nitrique.
Le 2 mai 1944, l'usine est bombardée par la RAF. Aucune victime n'est à déplorer.
Dans les années 50, la zone de l'ONIA est encore fort peu urbanisée. C'est aussi l'apparition du NAEO : Nitrate d'Ammonium Etiquette Orange, un produit destiné à l'aménagement des carrières. 60000 à 75000 tonnes de produit sont fabriquées chaque année. Les premières productions de l'urée pour la culture des oléagineux commencent.
En 1953 ouvre le laboratoire de recherche autour du chlore dont les premières applications seront faites en 1971.
Une première restructuration importante intervient en 1967. De 1967 à 1990 : l'ONIA devient l'APC (charbonnages de France) puis AZF.
En 1972, c'est l'apparition du chlore dont le support est l'acide cyanurique à partir de l'urée.
En 1978-80, l'usine arrête la fabrication des engrais complexes.
1990 : l'usine ferme son atelier d'engrais complexes. Se pose alors la question du stockage des nitrates déclassés. Ce qu'abritait le hangar 221, siège du cratère de l'explosion de 2001. Le groupe ELF prend partiellement le contrôle de l'usine.
1992 : AZF reçoit le Philtre d'or, une récompense attribuée par le Conseil Régional aux entreprises ayant démontré leurs efforts en matière de respect de l'environnement.
En 1999-2000, c'est la fusion entre Elf et Total Fina, avec sa branche Atofina dont Grande Paroisse dépend.
Pendant une audience du procès de 2009, le président de la cour fait une synthèse de l'activité d'AZF au moment des faits. Il la décrit comme une "véritable ruche", de par sa grande superficie, de par son activité, l'usine tournant en effet 365 jours par an.
AZF produisait 1200 tonnes d'urée par jour, 850 tonnes de nitrate d'ammonium agricole par jour et 400 tonnes de nitrate d'ammonium industriel quotidiennement. Il conclut en indiquant qu'une centaine de salariés d'entreprises extérieures travaillait chauqe jour sur le site. Ces entreprises sous-traitantes étaient au nombre de 238 mais certaines n'intervenaient que ponctuellement.
Un représentant de la CGT a estimé à l'audience que "les raisons de cette catastrophe sont la politique de Total, donc de Grande Paroisse, filiale à 100% en matière d'organisation du travail, où seule prime la rentabilité, avec pour conséquences les suppressions d'emplois, la sous-traitance et la précarité à outrance". Pascal Tailleux, délégué syndical central de GPL (Grande Paroisse) avait mis en cause "les politiques à risque menées par Total et sa filiale Grande Paroisse" qui, selon lui, ont "créé les conditions pour aboutir aux conclusions retenues par l'enquête".



