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AF447 : des facteurs techniques et humains

Le tout dernier rapport du BEA est présenté aux familles des 228 victimes.

  • Pascale Conte
  • Publié le 05/07/2012 | 17:07, mis à jour le 02/10/2012 | 15:22
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C'est au Bourget, aux Bureaux d'enquêtes et d'analyses qu'a été rendu ce matin le rapport final. Le crash serait dû à une conjonction d'erreurs humaines et de défaillances techniques. Ce sont les conclusions du rapport des experts. Entre autre, "l'équipage n'aurait pas compris qu'il décrochait".

Le crash d'un Airbus A330 qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique au large du Brésil, avait coûté la vie aux 228 passagers et membres d'équipage le 1er juin 2009. En Midi-Pyrénées, on déplore 9 victimes dans cette catastrophe. Depuis mai 2011, des étapes de ce rapport avaient été rendues publiques.


Les enquêteurs ont précis aujourd'hui des indications déjà évoquées : givrage des sondes Pitot, indications erronées des vitesses, réaction tardive des pilotes... A partir des boîtes noires, repêchées 23 mois après le crash, les enquêteurs ont passé au crible le comportement de l'avion et les manoeuvres de l'équipage. Le but ultime de cette enquête est de mettre à jour les connaissances techniques de cet événement et de renforcer la sécurité aérienne. 

Le BEA insiste sur l'importance de "la formation et l'entraînement des pilotes pour qu'ils aient une meilleure connaissance des systèmes d'avion en cas de situation inhabituelle".
"Huit recommandations concernent la formation des pilotes et cinq la certification
des avions" ressortent de cette catastrophe de l'AF447.

Les familles insatisfaites

Les familles ne se satisfont pas totalement des conclusions. Olivier Morice, un de leurs avocats, estime que les causes techniques ne sont pas assez mises en relief et il parle notamment des défaillances des sondes Pitot. Le rapport d'expertise remis le 10 juillet est très attendu "pour davantage d'impartialité", indique l'avocat.

Le 2 juillet 2011, le BEA avait pointé du doigt les défaillances des sondes Pitot fabriquées par le français Thales comme "un élément mais pas la cause" de l'accident.

Du côté d'Air France et Airbus

Air France et Airbus sont tous deux mis en examen pour "homicides involontaires" depuis février 2011. Les enjeux sont importants pour l'image de l'aéronautique française, vitrine mondiale. Dans un contexte économique tendu, Air France déjà en proie à des difficultés financières et un plan de redressement baptisé "Transform 2015", redoute une nouvelle tache sur son blason. Le PDG Alexandre Juniac ademandé aux syndicats le 29 juin dernier de signer cet accord "condition de retour à la croissance et à la compétitivité mondiale". Par ailleurs, le dirigeant d'Air France avait affirmé que depuis le crash du Rio-Paris :  "Air France a fait un immense travail de refonte et de remise en cause des processus de sécurité. Nous serons les meilleurs par une remise en cause permanente".

Airbus, lui, défend ses choix technologiques. Aujourd'hui, en réagissant à ce rapport, l'avionneur promet de nouvelle mesures de sécurité.

Les débris de l'appareil, après avoir été minutieusement scrutés, se trouvent actuellement au CEAT de Toulouse.

En juillet 2011, Air France et son assureur Axa sont condamnés à Toulouse à verser plus de 400 000 euros de provisions sur indemnisation à des familles de passagers, mais la responsabilité d'Airbus n'est pas retenue. Cette indemnité est une première en France. les avocats ont saisi la justice sur la convention de Montréal qui gère le transport aérien international.

Les enfants de l'hôtesse de l'air ont reçu des dommages et intérêts dans le cadre d'un accident du travail et le TGI de Toulouse s'est déclaré incompétent pour la requête contre Air France et Airbus.

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